J’habite la « case #Charlie », le trépied tiendra et demain se fera … #Nice

« Papa, je descends en ville Place Bellecour pour le feu d’artifice du 14 juillet (…) ». Oui ma grande, et tu fais attention. Peu avant minuit, les images de l’attentat de Nice tournaient déjà en boucle sur les chaines d’info, à la UNE. Des coups de fils à des amis de Nice, des messages, certains sans attache, l’attente. A son retour, juste quelques mots – elle savait via les notifications activées sur son iPhone-. Et le lendemain matin, sur ce visage à peine reveillé, des doutes, des questions qui appelaient des réponses que je n’avais pas, que je n’ai toujours pas. Et cette remarque:

« Papa, je me demande ce que sera ma vie demain, s’il y aura un « demain ». Etudes, révisions, examens, une partie de mes vacances en stage, etc. Et quand je pense que ça ne sert peut-être à rien, que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Comme ces personnes, j’étais sous un feu d’artifice, ça aurait pu (…)… j’ai peur Papa.« 

Avoir peur et partager celle de ses enfants, s’inquiéter en silence et trouver des mots qui rassurent, difficile. Charlie-Hebdo, Bataclan, Grand-Bassam, Copenhague, Kenya, Charleston, Bruxelles, Orlando, Turquie, etc... d’un attentat à l’autre, une tache laminaire s’incruste durablement dans le viseur de notre longue-vue, et les mots ne suffisent plus, en trouver d’autres, ajuster le dispositif et redresser l’image. Nous en avons parlé, longtemps, et c’est elle qui m’a rassuré je crois. Une présence. Nous en reparlerons, encore, le jour d’après est sans fin, mais demain se fera, et se verra. Aujourd’hui à la UNE de Nice-matin, des vies fauchées, les nôtres, par procuration. Oui j’habite la « case Charlie« , et le trépied tiendra.

« Longue-vue » à nos enfants.

[Lyon, 17 juillet 2016].

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Sous la rosace …

Toujours tournée vers l’est, face à l’Orient, elle s’offre au regard des passants et vacanciers par sa majesté qui se détache du bourg vu de l’extérieur. In situ, elle laisse transparaitre toute sa symbolique, gothique ou médiévale, son style renaissance ou baroque, son look occidental ou oriental. A l’ombre dans une Cathédrale, une immersion culturelle, seul avec soi ou avec son smartphone désormais éclairé par cette lumière qui perce l’édifice via la rosace teintée ou les vitraux alignés sur les parois. Et la lecture des news et tweets devient enivrante, voire exaltante, à moins que ce ne soit les fragrances du vin de messe qui imprègnent les lieux, peut-être bien les effluves d’encens incrustés dans la pierre depuis des siècles. Dans mes archives Foursquare in Cathédrale St-Jean, (Vieux-Lyon, 21 Août 2013), une image ….

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A l’ombre sous la rosace, une « table », se poser. J’y vais des fois, peut être bien pour les avoir longtemps fréquenté et beaucoup moins aujourd’hui. Œuvre des artisans bâtisseurs, elle est bien présente dans notre architecture, et s’érige toujours comme un lieu d’apaisement pour son calme et sa symétrie. La quiétude à couvert. Non, il n’est nullement question de religion ni de je ne sais quelle apologie du Sacrée, juste une réflexion du dimanche à l’ombre du bar qui longe la voie ferrée où je suis installé, dans l’attente de la grande messe du foot ce soir, cette « Nouvelle Cathédrale ».

S’arrêter sous la voussure, pousser la lourde porte puis traverser les colonnes, s’enfermer et s’oublier dans le déambulatoire, avec ce casque circum-auriculaires – à réduction de bruit active – que sont le cathédrales et basiliques, des lieux « noise-canceling ». Y aller, sauf les dimanches ou jours de messe …

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Intuitus mentis: « Les microbes ne tuent pas les noirs »…

Non, ce ne sont pas les propos d’un occidental déjanté, ni ceux d’un anthropologue du dimanche, c’est, comment dire, une élucubration africaine très largement partagée et j’ai grandi avec: « Les microbes ne tuent pas les noirs (…) sinon nous serions tous déjà morts ».

Les Noirs et les microbes

Donc, j’ai eu beaucoup de chance puisque vous lisez ce billet. En Afrique, «ce sont les sorciers qui nous bouffent», autre affirmation «Moyenâgeuse» comme l’écrit Lubabu Tshitengue (Jeune–Afrique). Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Ce «peur des microbes, moi jamais» peut s’expliquer par le simple refus de «mourir d’inquiétude», notre « intuitus mentis » à la Descartes, voire un instinct convenable (Leibniz). Oui, (trop) s’inquiéter n’est pas une recommandation médicale, je crois

« Si le plus beau des bonheurs est celui de l’insouciance, alors mourir bête est la plus belle des morts » écrivait un philosophe inconnu. Intelligent (on va dire ça), j’ai survécu à cette «douce insouciance» et depuis, j’ai rencontré «d’autres microbes», de vrais microbes, sur le Web, mais pas que, et toujours sans inquiétude. «Les microbes ne tuent pas les noirs», et les créoles disent: «Tou sa ki pa’a tyouyé ka angrésé» Tout ce qui ne tue pas engraisse-. C’est très certainement une attitude imbécile me diront certains, mais tout aussi inconsciente qu’une immunité qui vous protège (ou pas)

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Emmanuel Todd et le conservatisme de « cette France qui est aux commandes » …

Entretien coup de poing et constat au vitriol d’ Emmanuel Todd dans l’OBS, un avis tranché, un réquisitoire contre cette nouvelle France pétrie de bonne conscience, inégalitaire, conservatrice et fermée, de Droite comme de Gauche.

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Antisémitisme, « banalisation » du discours haineux en France (rapport de l’ONU), hystérie collective et imposture politique, certains ne vont pas aimer…

L'OBS: Emmanuel Todd : "Le 11 janvier a été une imposture"

Avis contraire? Dans les commentaires, vous avez la parole….

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Visa sépulture: Donc, nous en sommes là…

Bébé inhumation Champlan EssoneChamplan Nourisson rom

J’entends des voix clamer haut et fort: « Ben voyons, mais bien sûr qu’il a le « droit! » c’est la loi de la République (française)! Oui, la loi de cette république fraternelle qui nous nourrit et nous protège des « autres ». Au nom de nos « valeurs » qui les dépassent, pourquoi diable accepter dans les vertes prairies de notre « au-delà » une proximité qu’on leur refuse de leur vivant près de nous? Ces « sans-terres«  n’ont pas vocation à rester chez nous n’est ce pas? Aussi, le visa-sépulture ne sera pas pas accordé à ce nourrisson, c’est un privilège qu’on se reserve, au nom de nos impôts! ».

Oui, nous en sommes là, pas tous mais certains, aujourd’hui un peu plus qu’hier, là, debout, à nous demander s’il faut (ou pas) accorder un visa sépulture à un nourrisson. Oui, nous en sommes là, à nous indigner avec sincérité pour les uns et avec malice pour d’autres, les convenances….

J’aurais pu écrire « Vous en êtes là… »

Ainsi soit-il.

(…)

[?] Aveugle, elle recouvre la vue (et l’Eglise décline toute responsabilité)…

Un fait divers pour un court-instant, une petite réflexion en toute sobriété…

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Un miracle? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, mais une vraie certitude: notre miraculé n’était pas bourrée! Dommage que cet heureux événement n’arrive pas à certains d’entre nous, (je parle des gens sans aucun problème apparent, ceux qui s’enferment volontairement dans postures imbéciles), les sortir de leur « cécité (morale) » serait une très bonne chose. Tant pis! Qu’ils restent dans le noir, ils se casseront la gueule un jour, tout seul. Et l’Église (de la Rose) déclinera toute responsabilité. Amen.

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Billet [Ophtalmologie (politique)], fait.

[Source]

Étiquette…

Bienséance, bonnes manières, normes, politesse, vertu…

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Gentleman, philosophe, pervers, rebelle, etc
En politique, dans la rue, au bistrot, sur le net,
En toute circonstance, une étiquette

Notre épingle sociale…

[Pensée pour tonton Phil.]

Morale et politique(s)…

Nous vivons une époque formidable, celle de la démoralisation de la politique ou de sa moralisation. De la politique de la morale à la morale de, ou dans la politique, le processus d’élaboration exige quelques pistes de réflexion. Écoutons Joël GAUBERT, philosophe…

Me-ditons.

Billet à suivre (En ligne): Plaidoirie: Il faut sauver le soldat Cahuzac, le bouquet-Misère... (Ce soir, 19h30). Coming Soon

Joël Gaubert

Non, je ne voterai pas par compassion, ni par défaut….

Non, je ne voterai pas par compassion, ni par défaut….  Le vote est un acte citoyen fondé sur des valeurs morales, fruit d’une lecture saine et apaisée de la société. C’est une conviction

Mon vote va répondre à une question fondamentale: Quel avenir pour mon pays dans les années à venir? Cette question appelle des réponses sur les questions économiques, elle scrute et analyse la gouvernance de la France de ces dernières années. Il s’est passé des choses, je n’oublie pas

La France a t-elle été bien géré? Dois je me contenter des effets d’annonce? Suis je à même de lire les résultats statistiques de cette gestion finissante? Dois je renoncer à ma capacité d’analyse? Non, nos victimes ne le demandent pas, ils ne le peuvent. et, je ne reconnais à personne le droit de le suggérer en leur nom. Victimes aussi nous sommes.

J’ai fait un choix depuis quelques mois déjà: Je voterai François Hollande.

Pourquoi?

Parce que j’ai lu son programme et donc ses 60 propositions pour la France
Parce que son approche de la société est conforme à l’idée de la France que je veux laisser en héritage à mes enfants.

Du Figaro à Rioufol en passant par les adeptes de  »je te fais peur pour que tu votes pour moi », ma réponse est simple: Non, je ne voterai pas par haine de l’autre.

Les responsables de ces actes barbares n’influenceront pas mon vote non plus. Mon vote, c’est mon bien et, je suis libre d’en décider. Mon vote, c’est l’acte fondateur de ma liberté. Il ne saurait être influencé par ceux là même qui ont échoué dans leur mission, dans cette mission de protéger les français du terrorisme, de la barbarie, du chômage et de la baisse du pouvoir d’achat. Non, je ne serai pas prisonnier de vos turpitudes…

Libre je suis, Libre je voterai.

Ma compassion est sans conteste dans la dure épreuve que nous traversons. Et, mon vote ne saurait être compassionnel. Nos victimes ne me l’exigent pas. Pas sûr que ceux qui me l’exigent ou l’espère  par leur discours en soi digne.

Qui était responsable de notre sécurité? Je ne saurai confier ma  »sécurité » à ceux là même qui ont réduit les budgets de notre armée, de notre Gendarmerie et police , et de l’éducation nationale. Qui a fait des  »économies » sur notre sécurité?. Un quinquennat n’est pas un cycle d’apprentissage. Oui, moi aussi  »j’ai appris ». Désolé,   »aide-toi » et le ciel...

Ce drame conforte mon choix. Celui de la liberté de voter.
Non, je ne voterai pas par compassion, ni par influence
Je ne voterai pas  »utile » mais par conviction

Je voterai ….

Liberté?: Non merci, c’est pas la peine… de mort.

Guilty.

J’ai beaucoup hésité, puis, j’ai pris mon clavier pour vous faire part de mon sentiment sur notre nouvelle jouissance collective face à l’humain  exposé à la vindicte populaire, face à ces ‘’condamnés à mort’’, alliés d’hier, despotes déchus livrés à la foule, morts et exposés à la vue de tous, sur grand écran. Requiem…

Après la Libye,  nous aurons droit dans quelques semaines, aux images du Syrien Bachar El Assad courant nu, affolé et livré à la colère du peuple syrien.. Je vous dresse la scène.

‘’Il est capturé suite aux bombardements de son palais par les forces de l’Otan, par les troupes américaines dont c’est la dernière mission avant le retour des GI aux USA pour Noël.  A Damas, une foule en liesse chante, et hurle Mort au Tyran! Allah akbar (en Arabe : الله أَكْبَر) ! Liberté! Démocratie!  Son long corps maigre gisant aux abords de la fosse sceptique de son palais. Corps déchiqueté, mutilé, son pied gauche sur le bas côté de l’allée…‘’ Inéluctable…

Certains l’attendent à juste titre. Ces mères et femmes endeuillées depuis des années. ces familles meurtries. D’autres espèrent simplement la fin de ce régime sanguinaire, la fin d’une souffrance collective.

Introspection. Sommes-nous entrain d’instaurer la peine de mort à géométrie variable? Et, le Tribunal Pénal International, servira t-il encore?. Précision. Il est de notre devoir d’œuvrer pour la fin de ces régimes. Et cela sans aucun doute, cela ne peut durer.

La fin de l’horrible Colonel Libyen n’a pas soulagé ma peine du 19 septembre 1989, dans le désert Africain lors du crash de l’avion DC 10 d’UTA, vol Brazzaville-Paris. Un lourd tribut, particulièrement une amie de Lille. Elle avait enfin passé ses vacances dans sa famille. au Congo. La veille de son départ de Lille, on avait partagé sa joie pour ce voyage vers sa terre natale. Étudiante à Compiègne, c’était son premier retour sur Brazzaville. Et, Elle n’est jamais revenue. Elle était dans ce vol-retour, avec sa mère…

Je n’ai pas aimé le passage de Kadhafi à Paris en décembre 2007. Real politik? Business? Peut être. Grossière erreur, certainement. Aujourd’hui, les mêmes se ‘’réjouissent’’ comme pour effacer leurs errements d’hier. Voltaire écrivait :  »Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge!… » . Ou l’inverse…

Sur le plan moral, le monde est entrain de légitimer une pratique que nous reprouvons tous. La peine de mort. Rendre justice, ce n’est point aller à l’encontre de ses convictions. La barbarie est l’apanage des sans morales. Ce comportement à l’identique de ceux-là même que nous combattons est, à mon avis,  une dérive collective qui légitimerait presque les viles atrocités de ces tristes personnages. Faire pire que son bourreau…

Nous réjouir de cette justice, c’est se mettre au diapason de l’atrocité qui la caractérise. Ces dirigeants sanguinaires nous ont vaincu, moralement en tous cas. Ils ont fait de nous des êtres à leur image: Sans cœur, capables des pires turpitudes et sentences, des mêmes comportements… Eux au moins s’en cachaient. Œil pour œil…

Prendre la vie sans remords. S’en réjouir presque, être indifférent, c’est se déshumaniser. Le faire au nom  de la Liberté? Le lit de cette liberté est épineux. Non merci, je resterai debout.

Certains parlerons de passion de l’indifférence face à la mort d’autrui. Et c’est très différent du mépris, de la joie face à la mort, du plaisir face à la souffrance, c’est rechercher de la sérénité dans ce monde de brutes. Argument  peut être valable  pour les familles victimes de ces dictateurs. Peut être…

Et pour nous? Indifférence par solidarité? Ou pure indifférence face à ce nouveau paradigme mortuaire? Le prix de l’obtention de la liberté? Quelle liberté?

Je préfère rester prisonnier de mes certitudes qu’être libre de toutes contraintes morales.

Être libre, c’est surtout pouvoir l’être face à ses propres pulsions. L’être donc contre soi. La liberté ne peut être entachée du sang de son tortionnaire. Être libre, c’est avoir le choix, si l’on peut. Réfléchir…

Sinon, rouvrant les arènes pour dictateurs. Les peuples opprimés y seront conviés, feront face à leur bourreau d’hier et, la seule issue possible serait la mise à mort. Et, le peuple applaudira. Retransmission sur Internet et tous les réseaux sociaux en format BHL Liesse garantie…

Non merci, la liberté, c’est pas la peine… de mort.

Sans moi.