Intuitus mentis: « Les microbes ne tuent pas les noirs »…

Non, ce ne sont pas les propos d’un occidental déjanté, ni ceux d’un anthropologue du dimanche, c’est, comment dire, une élucubration africaine très largement partagée et j’ai grandi avec: « Les microbes ne tuent pas les noirs (…) sinon nous serions tous déjà morts ».

Les Noirs et les microbes

Donc, j’ai eu beaucoup de chance puisque vous lisez ce billet. En Afrique, «ce sont les sorciers qui nous bouffent», autre affirmation «Moyenâgeuse» comme l’écrit Lubabu Tshitengue (Jeune–Afrique). Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Ce «peur des microbes, moi jamais» peut s’expliquer par le simple refus de «mourir d’inquiétude», notre « intuitus mentis » à la Descartes, voire un instinct convenable (Leibniz). Oui, (trop) s’inquiéter n’est pas une recommandation médicale, je crois

« Si le plus beau des bonheurs est celui de l’insouciance, alors mourir bête est la plus belle des morts » écrivait un philosophe inconnu. Intelligent (on va dire ça), j’ai survécu à cette «douce insouciance» et depuis, j’ai rencontré «d’autres microbes», de vrais microbes, sur le Web, mais pas que, et toujours sans inquiétude. «Les microbes ne tuent pas les noirs», et les créoles disent: «Tou sa ki pa’a tyouyé ka angrésé» Tout ce qui ne tue pas engraisse-. C’est très certainement une attitude imbécile me diront certains, mais tout aussi inconsciente qu’une immunité qui vous protège (ou pas)

(…)

Emmanuel Todd et le conservatisme de « cette France qui est aux commandes » …

Entretien coup de poing et constat au vitriol d’ Emmanuel Todd dans l’OBS, un avis tranché, un réquisitoire contre cette nouvelle France pétrie de bonne conscience, inégalitaire, conservatrice et fermée, de Droite comme de Gauche.

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Antisémitisme, « banalisation » du discours haineux en France (rapport de l’ONU), hystérie collective et imposture politique, certains ne vont pas aimer…

L'OBS: Emmanuel Todd : "Le 11 janvier a été une imposture"

Avis contraire? Dans les commentaires, vous avez la parole….

(…)

Visa sépulture: Donc, nous en sommes là…

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J’entends des voix clamer haut et fort: « Ben voyons, mais bien sûr qu’il a le « droit! » c’est la loi de la République (française)! Oui, la loi de cette république fraternelle qui nous nourrit et nous protège des « autres ». Au nom de nos « valeurs » qui les dépassent, pourquoi diable accepter dans les vertes prairies de notre « au-delà » une proximité qu’on leur refuse de leur vivant près de nous? Ces « sans-terres«  n’ont pas vocation à rester chez nous n’est ce pas? Aussi, le visa-sépulture ne sera pas pas accordé à ce nourrisson, c’est un privilège qu’on se reserve, au nom de nos impôts! ».

Oui, nous en sommes là, pas tous mais certains, aujourd’hui un peu plus qu’hier, là, debout, à nous demander s’il faut (ou pas) accorder un visa sépulture à un nourrisson. Oui, nous en sommes là, à nous indigner avec sincérité pour les uns et avec malice pour d’autres, les convenances….

J’aurais pu écrire « Vous en êtes là… »

Ainsi soit-il.

(…)

[?] Aveugle, elle recouvre la vue (et l’Eglise décline toute responsabilité)…

Un fait divers pour un court-instant, une petite réflexion en toute sobriété…

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Un miracle? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, mais une vraie certitude: notre miraculé n’était pas bourrée! Dommage que cet heureux événement n’arrive pas à certains d’entre nous, (je parle des gens sans aucun problème apparent, ceux qui s’enferment volontairement dans postures imbéciles), les sortir de leur « cécité (morale) » serait une très bonne chose. Tant pis! Qu’ils restent dans le noir, ils se casseront la gueule un jour, tout seul. Et l’Église (de la Rose) déclinera toute responsabilité. Amen.

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Billet [Ophtalmologie (politique)], fait.

[Source]

Étiquette…

Bienséance, bonnes manières, normes, politesse, vertu…

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Gentleman, philosophe, pervers, rebelle, etc
En politique, dans la rue, au bistrot, sur le net,
En toute circonstance, une étiquette

Notre épingle sociale…

[Pensée pour tonton Phil.]

Morale et politique(s)…

Nous vivons une époque formidable, celle de la démoralisation de la politique ou de sa moralisation. De la politique de la morale à la morale de, ou dans la politique, le processus d’élaboration exige quelques pistes de réflexion. Écoutons Joël GAUBERT, philosophe…

Me-ditons.

Billet à suivre (En ligne): Plaidoirie: Il faut sauver le soldat Cahuzac, le bouquet-Misère... (Ce soir, 19h30). Coming Soon

Joël Gaubert

Non, je ne voterai pas par compassion, ni par défaut….

Non, je ne voterai pas par compassion, ni par défaut….  Le vote est un acte citoyen fondé sur des valeurs morales, fruit d’une lecture saine et apaisée de la société. C’est une conviction

Mon vote va répondre à une question fondamentale: Quel avenir pour mon pays dans les années à venir? Cette question appelle des réponses sur les questions économiques, elle scrute et analyse la gouvernance de la France de ces dernières années. Il s’est passé des choses, je n’oublie pas

La France a t-elle été bien géré? Dois je me contenter des effets d’annonce? Suis je à même de lire les résultats statistiques de cette gestion finissante? Dois je renoncer à ma capacité d’analyse? Non, nos victimes ne le demandent pas, ils ne le peuvent. et, je ne reconnais à personne le droit de le suggérer en leur nom. Victimes aussi nous sommes.

J’ai fait un choix depuis quelques mois déjà: Je voterai François Hollande.

Pourquoi?

Parce que j’ai lu son programme et donc ses 60 propositions pour la France
Parce que son approche de la société est conforme à l’idée de la France que je veux laisser en héritage à mes enfants.

Du Figaro à Rioufol en passant par les adeptes de  »je te fais peur pour que tu votes pour moi », ma réponse est simple: Non, je ne voterai pas par haine de l’autre.

Les responsables de ces actes barbares n’influenceront pas mon vote non plus. Mon vote, c’est mon bien et, je suis libre d’en décider. Mon vote, c’est l’acte fondateur de ma liberté. Il ne saurait être influencé par ceux là même qui ont échoué dans leur mission, dans cette mission de protéger les français du terrorisme, de la barbarie, du chômage et de la baisse du pouvoir d’achat. Non, je ne serai pas prisonnier de vos turpitudes…

Libre je suis, Libre je voterai.

Ma compassion est sans conteste dans la dure épreuve que nous traversons. Et, mon vote ne saurait être compassionnel. Nos victimes ne me l’exigent pas. Pas sûr que ceux qui me l’exigent ou l’espère  par leur discours en soi digne.

Qui était responsable de notre sécurité? Je ne saurai confier ma  »sécurité » à ceux là même qui ont réduit les budgets de notre armée, de notre Gendarmerie et police , et de l’éducation nationale. Qui a fait des  »économies » sur notre sécurité?. Un quinquennat n’est pas un cycle d’apprentissage. Oui, moi aussi  »j’ai appris ». Désolé,   »aide-toi » et le ciel...

Ce drame conforte mon choix. Celui de la liberté de voter.
Non, je ne voterai pas par compassion, ni par influence
Je ne voterai pas  »utile » mais par conviction

Je voterai ….

Liberté?: Non merci, c’est pas la peine… de mort.

Guilty.

J’ai beaucoup hésité, puis, j’ai pris mon clavier pour vous faire part de mon sentiment sur notre nouvelle jouissance collective face à l’humain  exposé à la vindicte populaire, face à ces ‘’condamnés à mort’’, alliés d’hier, despotes déchus livrés à la foule, morts et exposés à la vue de tous, sur grand écran. Requiem…

Après la Libye,  nous aurons droit dans quelques semaines, aux images du Syrien Bachar El Assad courant nu, affolé et livré à la colère du peuple syrien.. Je vous dresse la scène.

‘’Il est capturé suite aux bombardements de son palais par les forces de l’Otan, par les troupes américaines dont c’est la dernière mission avant le retour des GI aux USA pour Noël.  A Damas, une foule en liesse chante, et hurle Mort au Tyran! Allah akbar (en Arabe : الله أَكْبَر) ! Liberté! Démocratie!  Son long corps maigre gisant aux abords de la fosse sceptique de son palais. Corps déchiqueté, mutilé, son pied gauche sur le bas côté de l’allée…‘’ Inéluctable…

Certains l’attendent à juste titre. Ces mères et femmes endeuillées depuis des années. ces familles meurtries. D’autres espèrent simplement la fin de ce régime sanguinaire, la fin d’une souffrance collective.

Introspection. Sommes-nous entrain d’instaurer la peine de mort à géométrie variable? Et, le Tribunal Pénal International, servira t-il encore?. Précision. Il est de notre devoir d’œuvrer pour la fin de ces régimes. Et cela sans aucun doute, cela ne peut durer.

La fin de l’horrible Colonel Libyen n’a pas soulagé ma peine du 19 septembre 1989, dans le désert Africain lors du crash de l’avion DC 10 d’UTA, vol Brazzaville-Paris. Un lourd tribut, particulièrement une amie de Lille. Elle avait enfin passé ses vacances dans sa famille. au Congo. La veille de son départ de Lille, on avait partagé sa joie pour ce voyage vers sa terre natale. Étudiante à Compiègne, c’était son premier retour sur Brazzaville. Et, Elle n’est jamais revenue. Elle était dans ce vol-retour, avec sa mère…

Je n’ai pas aimé le passage de Kadhafi à Paris en décembre 2007. Real politik? Business? Peut être. Grossière erreur, certainement. Aujourd’hui, les mêmes se ‘’réjouissent’’ comme pour effacer leurs errements d’hier. Voltaire écrivait :  »Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge!… » . Ou l’inverse…

Sur le plan moral, le monde est entrain de légitimer une pratique que nous reprouvons tous. La peine de mort. Rendre justice, ce n’est point aller à l’encontre de ses convictions. La barbarie est l’apanage des sans morales. Ce comportement à l’identique de ceux-là même que nous combattons est, à mon avis,  une dérive collective qui légitimerait presque les viles atrocités de ces tristes personnages. Faire pire que son bourreau…

Nous réjouir de cette justice, c’est se mettre au diapason de l’atrocité qui la caractérise. Ces dirigeants sanguinaires nous ont vaincu, moralement en tous cas. Ils ont fait de nous des êtres à leur image: Sans cœur, capables des pires turpitudes et sentences, des mêmes comportements… Eux au moins s’en cachaient. Œil pour œil…

Prendre la vie sans remords. S’en réjouir presque, être indifférent, c’est se déshumaniser. Le faire au nom  de la Liberté? Le lit de cette liberté est épineux. Non merci, je resterai debout.

Certains parlerons de passion de l’indifférence face à la mort d’autrui. Et c’est très différent du mépris, de la joie face à la mort, du plaisir face à la souffrance, c’est rechercher de la sérénité dans ce monde de brutes. Argument  peut être valable  pour les familles victimes de ces dictateurs. Peut être…

Et pour nous? Indifférence par solidarité? Ou pure indifférence face à ce nouveau paradigme mortuaire? Le prix de l’obtention de la liberté? Quelle liberté?

Je préfère rester prisonnier de mes certitudes qu’être libre de toutes contraintes morales.

Être libre, c’est surtout pouvoir l’être face à ses propres pulsions. L’être donc contre soi. La liberté ne peut être entachée du sang de son tortionnaire. Être libre, c’est avoir le choix, si l’on peut. Réfléchir…

Sinon, rouvrant les arènes pour dictateurs. Les peuples opprimés y seront conviés, feront face à leur bourreau d’hier et, la seule issue possible serait la mise à mort. Et, le peuple applaudira. Retransmission sur Internet et tous les réseaux sociaux en format BHL Liesse garantie…

Non merci, la liberté, c’est pas la peine… de mort.

Sans moi.

Philo-politique: Prendre son temps, Est ce perdre son temps?…

Time is money…

Le temps est une donnée immatérielle qui régit la vie. Prendre son temps, est ce perdre son temps? C’est la question posée à Martine Aubry pour la sortir de sa réserve, pour qu’elle annonce ou pas sa candidature aux échéances électorales à venir. Ce n’est pas la question philo du bac de cette année et par solidarité avec les jeunes futurs bacheliers, je propose qu’on y réfléchisse un peu. Juste un tout p’tit peu.

Le temps, la quantité temps varie selon les émotions et situations dans lesquelles on se trouve. Le temps est par exemple court dans le bonheur et très long dans le malheur. On dit communément: Les bonnes choses ne durent pas longtemps, la souffrance par exemple, c’est une éternité même quandles faits ne durent qu’un court instant, l’espace temps.

Le temps, l’horloge, les aiguilles, la trotteuse, l’angoisse. Les secondes s’égrainent inéluctablement, on avance sans retour possible. En politique, il est commun de prendre son temps. Temps de la réflexion, temps de l’écoute ou de la construction d’un projet de société. Et, le temps de l’action. Denrée rare…

Ces derniers temps, le locataire de l’Élysée prend le sien. On gère les affaires dites courantes, on se projette en 2012, et les grands chantiers entre autres projets au service des français sont en stand by. Il ne dicte plus les grandes lignes de l’actualité. Il observe le silence. Dans certains cas, prendre son temps c’est déguiser sa propre paresse. Le temps, c’est du vol.

Prendre son temps. C’est aussi un privilège. A moins d’être oisif, avoir du temps dans nos sociétés est devenu un luxe. On court d’une activité à l’autre, on travaille pour avoir du temps, temps de repos hebdomadaire, temps de vacances et de loisirs. Ce temps gagné a une valeur de jouissance plus élevée que le temps de l’oisiveté. Sa saveur est toute particulière, on l’a gagné ce temps, c’est devenu un bien social qu’on apprécie. Nous aimons les vacances où l’on a le temps. On passe du bon temps. Le temps, c’est la liberté.

Pour l’inactif, le même volume temps est une souffrance, un poids. Le temps passe, il pèse. On s’occupe, on se prend la tête. On fait moultes démarches, on s’impatiente. Les réponses mettent du temps à venir, on a du temps mais on s’ennuie. On tue le temps, et le temps tue.

Aucune situation n’est éternelle, même pas le bon vieux temps. Un question: Est ce le temps qui passe ou c’est nous qui passons? Le temps, c’est juste une part de nous – et qui nous depasse -, se compose d’intervalles-temps, figés, statiques et/ou dynamiques, une donné. Nos sensations et mutations biologiques caractérisent ce mouvement.m, on nait, on grandit et l’on vieillit dans l’espace temps.

Peut-on alors prendre son temps? Comment prendre ce qui est déjà en nous? Et si prendre son temps c’était juste vivre autrement? C’est-à-dire prendre le temps de lire le monde qui nous entoure. Ce serait, se poser, réfléchir à soi, écouter le son de la trotteuse sociale, et aussi, se prendre la tête comme je viens de le faire.

Alors, prenez le temps de commenter  ce billet, enfin, si vous en avez … Merci.

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Sexe, Vice et Pouvoir: De l’Éthique à Nicomaque…

Ces derniers temps, l’actualité politique tourne autour des sujets de: Viol, harcèlement sexuel, attouchements, délation, morale,  etc… La morale politique a depuis pris le Ferry sur le thème de la Pédophilie !  Rien que ça.

Le navire politique vogue désormais sur des eaux troubles de la morale. Même le philosophe s’en mêle ‘’Tout le monde savait‘’. Alors réfléchissons. Ce billet n’a pas vocation de juger ce fait, ni les précédents. Quoique.

Éthique, morale, politique, philosophe… Ces mots légitiment la relecture adaptée de ‘’l’Éthique à Nicomaque‘’ d’Aristote. Non, je ne vous entraînerai pas dans de vastes réflexions philosophiques, je ne m’érigerai pas non plus en censeur de la morale publique,  je vous invite juste à traverser le miroir de l’information. Analysons ensemble  ces faits de société sous un prisme nouveau.

Dans l’Éthique à Nicomaque, Aristote nous offre un traité pratique qui peut nous guider vers le bonheur (individuellement et collectivement). On parlera dans ce billet d’homme ou femme de pouvoir (politiques, journalistes influents, acteurs de presse & Médias etc), des citoyens, de la Cité qu’est la France.

Ces hommes de pouvoir devraient véhiculer les vertus de la morale politique, de l’équité sociale, Être des exemples, instruire la Cité, être vertueux. Sauf que ce sont désormais des gens immoraux qui sont censés nous conduire vers la vertu. Problème.

L’Éthique à Nicomaque est pour Aristote un  traité de politique . Il écrit que  ‘’L’homme est un animal politique‘’. ça, on savait. Pour lui,  La vertu désigne une attitude qui s’exprime dans la cohabitation politico-morale avec les autres hommes, elle n’a pas de sens en dehors d’un cadre social qui fonde la République.

Les hommes politiques et de pouvoir ont ils de la vertu? La question se pose avec acuité ces  derniers temps. Le plaisir a pris le pas sur la vertu. La morale est devenue une denrée périssable. La Cité toute entière sombre dans l’irrationnel. Et, l’on s’interroge sur le désormais ‘’Tout le monde savait‘’ Tout le monde savait quoi? Existe t-il donc des sphères de pouvoirs, des strates sociales de connaissances teintées de comportements clientélistes? de concupiscence? Asymétrie d’information? Revenons sur la morale.

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Du pouvoir, de la richesse et de l’argent…

Le pouvoir est aujourd’hui inféodé par la rentabilité financière. Or, selon Aristote, l’argent ne saurait être un but de la vie, elle ne peut être qu’un moyen. Aristote range la richesse dans la catégorie de l’utile, et non du nécessaire : ‘’la vie de l’homme d’affaires c’est une vie de contrainte, et la richesse n’est évidemment pas le bien que nous cherchons: c’est seulement une chose utile, un moyen en vue d’une autre chose‘’. Faut croire qu’il était de gauche…

La chose politique censée régir la vie de la Cité est devenue une profession libérale. On crée des groupes, des cercles de réflexions entre autres satellites du pouvoir, avec pour objectif la rentabilité financière. Les travers, les affaires, et la disparition de frontières public-privé en témoignent. Puis, vient la question des mœurs. Et, tout le monde était censé savoir…

Le pouvoir a oublié la simple notion de prudence, de justesse. Nul n’est parfait certes et nous, manants de la Cité tolérons le juste milieu, c’est-à-dire ce qui est juste entre l’excès et le défaut. Mais l’on constate l’excès à tous les étages de la Cité, surtout au sommet dans la Régence de la Cité.

La parole du pouvoir s’est fortement dégradée. Elle se dit décomplexée. Désacralisation de la fonction de Régent de la Cité et, l’amphigourique  a  remplacé l’Expressis Verbis. Ajoutons à cela l’irresponsabilité des princes et ambassadeurs entre autres courtisans. L’excuse? C’est la faute des ḥashshāshīn, des malinkés etc.. Déchéance collective et levé des pont-levis.

La Cité exige pour sa pérennité morale, des hommes libres et  de bonnes mœurs – Libres dans les engagements souscrits, justes dans la gestion de la chose publique. ‘’le juste est le bien politique, à savoir l’avantage commun‘’ écrivait Aristote.Et de bonnes mœurs... Tout le contraire donc d’un comportement épicurien! Un ‘’épicurien‘ pour reprendre une définition de Philippe Sollers, ‘’c’est est un individu sensuel, grossier, une sorte de notable bourgeois (…) qui ne pense qu’à manger, boire et baiser‘’. [Depardieu?] C’est donc un matérialiste borné est incapable de voir plus loin que son propre corps. La France vit un scandale épicurien

Pourquoi relire Aristote? Parce que l’on vit aujourd’hui dans la Cité des valeurs perdues. Aristote remet l’homme au cœur de la société: ‘’la vie de l’homme d’affaires c’est une vie de contrainte, et la richesse n’est évidemment pas le bien que nous cherchons: c’est seulement une chose utile, un moyen en vue d’une autre chose‘’.

Ces hommes de pouvoir ont de nos jours des vies fondées sur leur honneur, sur leurs vices. Nous, citoyens devenons de simples reflets de cet honneur perdu, de simples spectateurs de l’arène du vice.  Or, pour notre ami Aristote, le vrai bonheur doit être autonome, il ne doit dépendre que de soi. De plus, l’honneur est éphémère. Certains déchus  peuvent en témoigner. Aristote pense que le Bien (collectivement parlant) est le but suprême de la vie, et le Bien est l’objet de la Politique:

“Et puisque la Politique (…) légifère sur ce qu’il faut faire et sur ce dont il faut s’abstenir, (…) la fin (finalité) de la Politique sera le bien proprement humain Même si, en effet, il y a identité entre le bien de l’individu et celui de la cité, de toute façon c’est une tâche manifestement plus importante et plus parfaite d’appréhender et de sauvegarder le bien de la cité..

La grandeur des hommes ne peut résider dans le pouvoir, ni dans le vice, mais dans la mesure où ils servent la grandeur de la Cité, de la République. Ce pouvoir de servir ne peut être une nécessité: ‘’La nécessité est un mal, mais il n’y a aucune nécessité de vivre avec la nécessité‘. Paradigme morale.

[Sex and the body Politic] . Voir ici les [Extraits de l’Ethique à Nicomaque]