Explosions à Brazzaville > Peur sur ma ville..

Triste nouvelle, plus de 200 morts selon les dernières informations. C’était prévisible. Oui, un dépôt d’armes lourdes en plein coeur de Brazza-la-verte, capitale du Congo. Et, ça fait des décennies que cela dure. Mpila, est un quartier résidentiel du centre ville de Brazzaville, une poudrière. Pourquoi? Explications…

Le Président Sassou Guesso a planté là sa résidence dès son arrivé au pouvoir en 1977. Mpila est devenu depuis le chantre des politiques autour du pouvoir. Y habitaient les chefs militaires, les  »gens importants ». Quartier calme et de haute sécurité, tout un arsenal sécurisait la quiétude de ses habitants et le 1er d’entre eux, Denis Sassou-Nguesso, Président de la République de 1979 à 1992, puis depuis 1997.

Mpila, je connais. Le calme des ses rues arborées permettait aux étudiants de s’y retrouver à l’approche des examens. Révision sous les manguiers des avenues, presque pas de circulation. C’était pratique et dangereux…

Mpila est devenu malheureusement la plaie du Congo-Brazzaville. C’est de là qu’est parti la guerre civile de 1997 quand les forces militaires du Président Pascal Lissouba (1992-1997) ont voulu déloger un proche de Sassou-Guesso le 05 juin. Très vite, et fort de son arsenal militaire basé à … Mpila, et de sa milice armée  »les cobras’‘, ils ont de concert plongé Brazzaville et le Congo tout entier dans une guerre civile: Plus de 15 000 morts.

A Mpila ce 04 Mars 2012, les munitions ont encore fait des dégâts. Personne n’a tiré de coup de feu certes, mais les dégats sont sans communes mesures. Vitres soufflées à Kinshasa, de l’autre côté du fleuve congo. on imagine les dégats dans les quartiers proches de Ouenzé, de Poto-Poto ou Moungali. L’état des secours n’est plus à décrire, on peut le deviner et, imager le désarroi des habitants de cette ancienne capitale de l’Afrique Equatoriale française…

Après Pointe-Noire  en mars 2010, au Congo la série noire continue…

Nostalgie et paradigme de l’élégance: Envie de couleurs…

Pierre Desproges disait en son temps  »La nostalgie, c’est comme les coups de soleil: ça fait pas mal pendant, ça fait mal le soir ». Il se fait tard, la nuit enveloppe Rhône et Saône, le soleil s’est couché derrière l’épais brouillard qui prive la capitale des Gaules des charmes de la lune.

Et, J’ai comme une envie, une grosse envie de soleil, de lumière et de couleurs! Exit le gris, le sombre, le flou, l’hiver s’annonce, les villes s’illuminent, c’est féerique. Fêtes des Lumières? Attendre le 08 décembre

Quelque chose manque à l’appel. La nonchalance verbale et vestimentaire, ces rires à ne plus en finir, ces battles élégantes sur les rythmes de Rumba congolaise. J’oubliais, ce concert live à Tié-Tié Pointe-Noire aux allures de fashion week, en compagnie de Ya Marc et de Nina qui n’en croyait pas ses yeux. Un autre monde… Souvenirs, Couleurs, Symphonie: Morceaux choisis…

Soleil, détente, Matalana.
Binkutsi kua bi tua bantu. Ma K.O

Le long du fleuve Congo ou de l’autre côté, à Kin-la-belle, Wengue Musica…

Et demain, il fera jour… à Lyon.

DSK libre? Paroles d’un ‘’violeur noir‘’ depuis l’Afrique…

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Ratus

C’est ‘’Ratus‘’ le coq adopté par mon fils qui a annoncé la nouvelle par son ‘’cocorico‘’ matinal depuis son poulailler de fortune sous l’avocatier de la cour centrale. Information confirmée par Radio France international (Rfi) du vieux poste de l’armoire du salon. Oui, il a été déclaré non coupable de toutes les charges par le Procureur de New York en 15 minutes.

‘’Seul un noir capable de violer une femme peut croire en l’innocence de #DSK‘’ avait écrit Anna Gueye en réponse à l’un de mes tweets (et billet) sur la présomption d’innocence de Dominique Strauss Khan.

Faut donc croire que le Procureur Vence et tous les acteurs américains du tribunal de New York sont des violeurs, des  »noirs »… C’est certainement le cas sinon, leur Président (Obama) ne le serait pas. Ah, je précise, je suis à Pointe Noire, sur la côte atlantique africaine, entouré de plein de gens 100% melaninés.

L’affaire Nafissatou Diallo? On s’en fout! L’Afrique s’en tape! C’est le dernier des soucis, trop loin… Dans les ‘’bars‘’ à ciel ouvert, on parle business, football (Réal, Barça, pour les deux dernières confrontations Réal-Barça, la ville était en état d’alerte max, des ‘’CRS‘’ et flics quadrillaient les points chauds comme si le match se jouait ici …). Dans les ‘’Nganda‘’ on boit beaucoup de bières: Primus, N’gok et le Ntsamba (vin de palme). @jegoun peut vivre heureux ici dans la région du Kouilou. La comète est à chaque coin de rue! #KDB (Kouilou des blogs) permanent sans serveuses à forte vitrine, pas de verre à casser, on boit à la bouteille. Santé!

‘’Avocats!!! Avocats mé louta‘’ traduction: ‘’ le vendeur d’avocats est en train de passer…‘’. Le soleil se lève, les marchands ambulants ont repris leur ballet dans les rues défoncées du quartier Tié-Tié à Pointe-Noire. J’ai pris deux avocats (comme DSK), c’est très bon pour le petit déjeuner sur la terrasse ombragée sous le manguier. Dans les maisons aux alentours, les femmes, mamans s’activent déjà, balaient la devanture des maisons et parcelles, étalent leurs marchandises sur des tables pour de maigres recettes en fin de journée. Certaines interpellent taxi et mini-bus pour se rendre sur leur lieu de travail. Nafissatou Diallo? Si seulement elle savait… Petit sondage de voisinage: 100% des mamans de mon quartier ne la connaissent pas! Ou, s’en tamponne… segolennement !!!

Faut dire qu’elles ont des vies difficiles, complexes, rudes. L’essentiel du planning familial est assuré par des ONG déjà en grande difficulté. Le réseau de distribution d’eau potable est sommaire voir inexistant dans certains coins de la ville. A compte gouttes les soirs, elles remplissent des bidons de réserve d’eau pour les besoins de la famille, à défaut d’aller en chercher dans des puits pour les tâches usuelles. Pas facile. Mères courage…

Toutes, mères plurielles sans allocations familiales (oui, ici y’a pas), elles donnent vie à l’Afrique malgré la terrible mortalité infantile toujours en hausse. Sans compter les décès suite aux accouchements dans des conditions vétustes des centres hospitaliers. Deux frangines de mon quartier ne sont plus, laissant les enfants à la charge des parents déjà pas très bien installés. La Polio laisse des traces visibles, l’absence de système d’évacuation d’eaux usagées amplifie les épidémies, facilite la prolifération des moustiques entres autres nuisibles. On ne parlera pas du système de santé, des médicaments périmés, des ‘’pharmacies‘’ sans pharmaciens, etc… Donc, retour en force des pratiques traditionnelles, sans compter les évangélistes de tous poils.

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Curieusement, la joie de vivre est toujours présente sur les visages. C’est là une vision européenne de mon observation. Ici, tout est dans la norme. On s’en accommode. L’Afrique rit, elle est joyeuse, solidaire! Et, Ponton-la-belle l’est moins. Le problème ici, ce n’est point la famine mais la malnutrition ou, plus précisément les difficiles conditions sanitaires. Une certitude, Didier Goux n’habite pas ici.

DSK est libre? On s’en tamponne aussi! Nafissatou_Banon? C’est qui au fait? me demande ma voisine sur la terrasse du ‘’Grand Café‘’ au centre Ville. Disons que le problème du viol des femmes dans le monde est, et doit être une préoccupation commune. Ce sujet ne peut être prétexte à invectiver. Toute autre requête indexée sur le viol des femmes, inféodées par autre chose que leur sécurité et, l’amélioration de leurs conditions de vie in the world sera nulle et non avenue.

L’Afrique se vit en Afrique…

Pointe-Noire (Congo) le 24 Aout 2011.

Vue d’Afrique: Politique française, tranches de vie, découvertes…

Séjour agréable dans une Afrique hors du temps. Tout a changé, de belles journées dans la vraie cité africaine. Les routes complètement défoncés, pas de canalisations. Des trous de partout, code de la route adaptable. Si les congolais participent au Rallye Paris-Dakar, une certitude, ils monteront sur le Poduim…

Papa, c’est où les commerces? m’a demandé ma fille…

Et ben, dans la rue! Tous les produits sont accessibles devant la maison de mon Père: Beignets, pain, avocats, etc… Défilent aussi les vendeurs de tous types de produits: Insecticides, les CD gravés, les cireurs de chaussures, les menuisiers en quête de travaux, les pousse-pousses de ramassage d’ordures ménagères….

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Et, les gens sont heureux en dépit de la grande pauvreté ambiante. Notons la grande richesse de certains. La réussite se résume en ceci: Avoir une Rav4, pratique vue l’état des routes, construire une grande et belle maison! Et, tant pis pour la maison en bois et en taule des voisins. Le week-end, une sortie sur la route de la Frontière avec le Cabinda est de mise. On y mange des Mabokés (Tous types de poissons et viandes cuits sur des braises, enveloppés dans feuilles de bananiers). C’est, l’équivalent du poisson-papillote. Un délice. Restaurant à ciel ouvert sur fond de folklore local, vue sur la mer…

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Pour notre arrivée, on a reçu un joli présent: un coq (vivant) pour un festin de bienvenue. Les enfants l’ont vite adopté. Alino l’a baptisé « Ratus« . Difficile dans ces conditions de le passer à la casserole !!! Oui, le coq des enfants est devenu «  animal de compagnie« . Heureux, ils sont. Pointe-Noire, c’est aussi des nuits sans fins. Des concerts pour sapeurs et Parisiens à ciel ouvert, des bars avec des sonos approximatives un peu partout, des chants, du bruits et des odeurs à rendre fou Jacques Chirac…

Le chant du coq (le notre) sonne le lever du jour dans une ville déjà éveillée. C’est beau, c’est space, c’est l’Afrique.

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Mise en ligne avec une connexion internet bas débit. Politique française? Rien! On s’en tape!… (Mise en forme du billet dès le retour at home). Sinon, Merci et bonne journée à vous.

Ici l’Afrique, à vous Paris! Je rends l’antenne…

Back in’Africa: Premières impressions…

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Les beignets, chez Ya’Zoé

Ce fût long, très long. 23 ans plus tard, ce cahier d’un retour au pays natal a des allures d’un voyage initiatique. Initiation sur la vie, sur l’Afrique. Connaitre cet Afrique qui rit, qui pleure est un enchantement. J’y suis né, Alino et Beloti rêvaient d’y être. Nés en France, la question « Afrique » revenait (pour eux) avec récurrence dans une sorte de quête d’identité, celle du père peut être , pour mieux appréhender la leur ensuite.

C’est un long voyage, voyage dans le temps et, hors du temps. Les quelques neuf heures de vol au dessus de la méditerranée d’abord, de l’Atlas ensuite pour enfin entrer de plein pied dans l’espace Afrique fut interminable. C’était long et douloureux comme une naissance, aussi beau qu’elle. Ma femme, africaine du nord, née entre Rhône et Saône y était toute aussi enchantée. Ensemble, en famille, nous réalisons là un rêve partagé: Découvrir l’Afrique

Le voyage hors du temps a commencé dès l’atterrissage de l’avion de la Royal Air Maroc à l’aéroport international de Pointe-Noire, Casa-Negra. Il était 02h30 heure locale. Parti d’Orly (Paris) à 13h20 et, après une escale de près de 3heures dans la zone de transit de l’aéroport Mohamed V à Casa-Blanca, nous étions enfin à destination, à Pointe-Noire, sur la Côte Atlantique en Afrique Centrale….

Hors temps, hors champs, hors forfait, hors réseaux, loin. Sous l’Équateur, la chaleur moite de ce mois d’Août vous accueille avec délicatesse, les quelques mètres à parcourir de la descente de l’avion au hall d’arrivée avaient des allures de « premiers pas sur la lune« . Et c’est pas peu dire (à suivre)…

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Billet rédige sur iPad. Publié via le réseau wifi de la brasserie « Le Grand Café » Centre-Ville, Pointe-Noire. Congo.

[illustration]:Petit déj’ chez Ya Zoé (Bouillie et Beignets)…

Là-bas: 23 ans plus tard, j’y retourne …

(.)

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs…

Dans quelques instants nous allons atterrir…

à l’aéroport de Paris Roissy Charles-de-Gaulle

Température, zéro degré au sol

Attachez vos ceintures…

(.)

Oui, j’ai commencé avec zéro… degré. Et, 23 ans plus tard, j’y retourne, là bas… [Invitation au voyage]..

Il paraît que ça se passe comme ça là bas.. à Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville. Et, je vous préviens, le premier qui m’appelle ‘’Tintin‘’ où, qui me propose son ‘’Milou‘’…, verra très vite mon côté ‘’Captain Haddock‘’.  Je vous préviens..

MERCI

Crash d’avion cargo à Pointe-Noire: billet d’un retour au pays natal…

Ponton-Sur-Mer

La terre a tremblé, la mer en furie est sortie de son lit puis, le ciel nous est tombé sur la tête. C’est le résumé de l’actualité de ces derniers jours.

Tremblement de terre et tsunami au Japon, Guerre aérienne en Libye et, un fait divers aéronautique : Un avion cargo s’est écrasé sur la ville de Pointe-Noire, en Afrique Centrale, le long de la côte Atlantique. Bilan, près d’une vingtaine de morts, de nombreux blessés….

Voila mon fait divers, pour ainsi le dire. Ce fait a une grande portée pour moi. Exit pour un temps les cantonales, les querelles sur les conseils de vote au deuxième tour, les élections présidentielles en Haïti, la guerre civile  en côte-d’ivoire etc.… C’est fou comme l’actualité vous oblige à des échelles de valeurs malgré vous. Racines

Ponton-la-belle est en deuil. Les nouvelles de la famille vous rassurent, les infos sur le Net vous inquiètent. En parler ? Oui, mais pas pour de la compassion, non merci. Alors, on prend le parti du retour imaginaire vers cette terre qui vous a vu naître.

On l’imagine voluptueuse dans sa robe bleue atlantique. On se souvient de sa générosité dans sa faune et sa flore. Ville d’une activité portuaire intense, porte d’entrée du monde vers les terres profondes d’Afrique, Pointe-Noire est un havre de paix dans  un écrin de couleurs, en bord de mer. La côte sauvage, les places des marchés animés, les weekends chez CérémonialDancing Bar, ces grandes artères qui partent du Marché Central, porte d’entrée de la cité administrative (la ville) vers les différents arrondissements, etc. Ponton-Sur-Mer.

Bord de mer…

Sur les blogs, on lit avec envie les weekends des amis dans leur patelin du fond de la France profonde. On s’attarde sur leurs retrouvailles à travers les images des copains d’avant. On voyage dans leurs souvenirs, dans nos lointains souvenirs. Ainsi passe des fois le jour et l’ennui. Nostalgie, distance coupable…

Petit, j’ai rêvé de prendre l’avion. Je rêvais de monter dans un Antonov. Dans le Congo de mon enfance, l’essentiel de la flotte aéronautique était soviétique. C’est cet appareil qui s’est écrasé sur les quartiers Roy et Kitoko-Daniel de l’arrondissement de Mvoumvou. Habitus, désarroi collectif devant les rébus du coucou

Point d’impact

J’imagine cette journée. Pointe Noire s’habille de branches de palmiers, les rues de maisons endeuillées devenues piétonnes. Les cris de détresse se mêlant aux chants traditionnels et religieux de circonstance. Les nuits de veillés dans les artères éclairés pour l’occasion, une illumination funeste.

Au loin, le souffle doux de l’océan atlantique apaise la ville. Au petit matin, bravant les gorges de Diosso-les-bains, le soleil apportera le sourire sur les mines endeuillées des ponténégrins. Des questions sur cet accident se posent. L’heure est à l’épreuve.

Au coeur de la ville…

Éprouvons.

Quelques heures après le crash...

[Détails et illustration]