Infographie #Grèce: Ce qu’il faut retenir de l’accord…

Pour résumer l’#AccordGrec, une petite infographie.

Des questions? Si oui, c’est dans les commentaires, si non, c’est pareil. Et si vous faites les réponses aussi, ça m’ira très bien! Merci. [Source: VisaActu]

(…)

Le « catalogue des atrocités » de l’EuroGroup (in Spiegel)… #ThisIsACoup

« Catalogue des atrocités ». C’est en ces termes que le journal allemand Spiegel qualifie les dernières recommandations de l’EuroGroup à la Grèce.

Propositions de l'eurogroup grèce catalogue des atrocités

Le Spiegel parle à raison de l’humiliation délibérée de la Grèce avec une série de mesures que le Journal LeMonde résume pour nous :

  • Implication totale du Fonds monétaire internationale, qui a jusque-là refusé de remettre la main à la poche en raison du défaut de paiement grec acté depuis le 1er juillet. Un prérequis à tout nouveau programme d’aide par l’intermédiaire du Mécanisme européen de stabilité (MES). Le montant de celui-ci est évalué entre 82 et 86 milliards d’euros dans le document.

Ensuite, l’Eurogroupe demande à la Grèce des efforts en trois temps :

  • D’ici au 15 juillet, c’est-à-dire mercredi, Athènes doit adopter une série de mesures prioritaires incluant, entre autres, une réforme de la TVA et du système fiscal ou encore des mesures anticipées préparant une réforme du système des retraites.
  • Ensuite, une nouvelle série de conditions: Durcissement des réformes proposées par Athènes en prenant mieux en compte la situation économique et financière de la Grèce, réforme des retraites, Réforme commerciale incluant des mesures sur le travail du dimanche.., Privatisation de la compagnie d’électricité, une révision du droit du travail (en matière de négociations et de licenciements collectifs…) et, renforcement du secteur financier.
  • Enfin, Modernisation et renforcement de l’administration grecque, amélioration des méthodes de travail avec les institutions européennes. Surtout, une vague de privatisations, ou la mise en place d’un fonds basé au Luxembourg, chargé de la gestion des privatisations et des actifs qui en émaneraient.

Et « Si un accord ne pouvait être trouvé, la Grèce se verrait proposer de rapides négociations sur une sortie temporaire de la zone euro, avec une possibilité de restructuration de sa dette ». Rien que ça. Si même les allemands doutent de la grosse ficelle de l’Eurogroup, on peut parler de «catalogue d’atrocités» comme l’écrit le Spiegel, un coup d’état (P. Krugman), voire d’une annexion, celle de la Crimée par la Russie, c’était le «Club Med!». Bref, le vrai problème de l’Europe, c’est l’EuroGroup, et l’Allemagne.

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#Grèce: Quand DSK s’en mêle «Apprendre de ses erreurs»…

24399-dsk-veut-une-restructuration-bancaire-plus-rapideDominique Strauss-Kahn est de retour et s’attaque déjà à l’épineuse question de la crise grecque. Dans un texte de trois pages, l’ancien Directeur du FMI revient sur les erreurs du FMI – sous sa tutelle sans épargner l’actuelle politique de l’institution-: «Quoiqu’il en soit, le FMI a fait des erreurs et je suis prêt à prendre ma part de responsabilité».

DSK pose la question des ajustements budgétaires «sévères» imposés à la Grèce par la Zone Euro, dénonce le conservatisme de ses autorités monétaires. Bref, DSK  s’exprime et fait quelques propositions, discutables, sans certitude de réussite – c’est lui qui le dit -, et pense qu’une autre politique est possible: «Forcer le gouvernement grec à céder créerait un précédent tragique pour la démocratie européenne et pourrait mettre en marche une relation en chaîne incontrôlable» (DSK).

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Signé: Dominique Strauss-Khan.

Sondage: #Grèce : Meurtre économique ou suicide politique?

(Source)

Et en plus, ils ont de l’humour les Grecs…

Ce tweet de Yanis Varoukakis, le ministre des Finances grec à l’attention de Christine Lagarde (directrice générale du FMI) est à archiver..

 Il confirme non sans humour que la Grèce ne paierait pas l’échéance de 1,5 milliard d’euros qu’elle doit au FMI avant ce soir à minuit, « les banques sont fermées! ».  Tweet partagé par CNN, mais à vérifier, s’il a osé… c’est gonflé. L’Europe et le FMI voulaient manger « Grec », ils sont tombés sur un os.

Excellent.

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Sapin et #Macron à Berlin : Echec et Bitte schön, vu d’#Allemagne…

Ne pas s’en réjouir. A quelques jours du rendu de l’avis de la Commission européenne sur le budget français, les nouvelles ne sont pas bonnes. Michel Sapin (Ministre des finances) et Manu Macron (Ministre de l’économie) n’ont obtenu qu’un petit « Bitte schön » (Soyez les bienvenus) pour leur déplacement en Allemagne, un échec…

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Je résume. « L’Allemagne a tout simplement refusé la proposition du gouvernement français que Berlin consacre 50 milliards d’euros supplémentaires à des investissements, alors que la France envisage de son côté de faire 50 milliards d’euros d’économies ». Une somme qui correspond à l’enveloppe prévue par Manuel Valls pour financer son « Pacte de responsabilité, bizarre. Les méchantes langues diront: Angela Merkel .. (je vous laisse finir la phrase)…

La semaine (politique) de Sarkofrance va être intéressante.

Source: Courrier international

L’Europe? l’émission «Votre télé et vous» tacle l’euroscepticisme des médias français… #EP2014

Votre télé et vousEn France, le temps de cerveau disponible des téléspectateurs ne se nourrit pas de sujets sur l’Europe, c’est dommage. Qu’est ce qui explique cette rétention d’information dans les médias français? Traiter d’Europe aujourd’hui se fait souvent sous le seul prisme de l’économie, un tort. Manque de sérieux des journalistes français? «L’information sur l’Europe» est souvent erronée, elle s’accompagne de contrevérités qui induisent les français en erreur, et alimente une méfiance vis à vis de l’Europe. «C’est la faute à l’Europe»?….

L’Europe est devenue, si j’ose dire, «la maîtresse de la France» et des pays européens, c’est celle chez qui on se réfugie pour se consoler des difficultés à domicile (les aides, la pac, etc), mais celle qu’on pointe toujours du doigt, la vilaine méchante sorcière. Pénurie de journalistes spécialisés Europe? En France, l’info se fabrique souvent à Paris, sur TF1 par exemple, le « boulot » se fait au 20heures, pas d’envoyé spécial permanent à Bruxelles, dommage, une situation qui naturellement impacte sur la qualité de l’information. Seul internet ose encore l’Europe (Café Babel, Presseurop, sitemyeurop.info, Actupol 3.0, etc…), avec quelques exceptions télés: Arte et Euronews et France3 (Avenue de l’Europe de Véronique Augier)!

Lire:La méconnaissance de l’Europe: la faute des médias?

Pour discuter de cette grande frustration des médias français, j’ai eu l’immense plaisir de participer à l’émission «Votre télé et vous» dans les locaux de France3 à Lyon, sur invitation de Marie-Laure Augry. L’eurosepticisme des journalistes français était au cœur de nos échanges, le sujet n’était pas «mortellement ennuyeux» comme le montre ce court extrait...

C’est avec beaucoup de regrets que je dis adieu à mon anonymat, même si je déplore l’heure tardive de la diffusion de l’émission (pour une fois qu’on cause « Europe », c’est tard). Il faut cependant remercier France 3 pour ce courage européen. Sinon, c’est ma première vraie télé, sur un plateau (ça s’arrose! ça, c’est fait)). Aussi, vous regarderez sans indulgence (j’insiste), et je vous saurais gré de bien vouloir partager ce présent, pour que les médias sortent enfin l’Europe de cet anonymat honteux.

Diffusion de l‘émission ce soir sur France 3. Le bonus et l’intégralité, dès que possible sur le site de l’émission: http://www.france3.fr/emissions/votre-tele-et-vous )

Merci) ;)

Le FMI avoue: il n’existe pas de seuil entre dette publique et perspectives de croissance…

FMICommençons par la conclusion: l’austérité imposée par le FMI, c’était une connerie de première! En effet, le Fonds Monétaire international (FMI pour les victimes) vient remettre en cause l’étude économétrique à la base de sa politique d’austérité imposée pendant la crise.

Dans Le Monde.fr qui décrypte l’info, on peut lire:«La croissance d’un pays ne ralentit pas automatiquement lorsque sa dette publique dépasse le seuil de 90 % du PIB». Conclusion d’Andrea Pescatori, Damiano Sandri et John Simon dans une très récente étude intitulée «Dette et croissance: y a-t-il un seuil magique?» («Debt and Growth: Is There a Magic Threshold? »).»

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Le FMI avait donc tout faux lorsqu’il affirmait qu’ « un taux d’endettement public supérieur à 90 % du PIB entraîne systématiquement une baisse du taux de croissance. Et ce, quel que soit le niveau de développement du pays« . Cette conclusion contraignante et erronée qui fondait ses politiques d’austérité était une vraie connerie, un foutage de gueule manifeste avec de terribles conséquences. La Grèce devrait porter plainte…

Après vérification (des centaines de données économétriques, des milliers de lignes de code), nos trois spécialistes du FMI, dans un joli « Oups, on s’était trompé! » affirment: «Nous n’avons trouvé aucune preuve d’un seuil particulier d’endettement au-dessus duquel les perspectives de croissance à moyen terme seraient significativement compromises (…) Les pays ayant une dette publique élevée mais en voie de diminution affichent en effet des taux de croissance similaires à ceux de pays beaucoup moins endettés». Ah bon? « Aucune preuve? » Et qui va rembourser les faillites? (On a les preuves, nous).

Certains d’entre vous doivent se dire: »Chouette! laissons courir la dette! » Mauvaise idée, car un niveau élevé de dette publique rend le PIB plus volatil, notamment à cause de la pression des marchés et des mesures d’austérité mises en place pour tenter de redresser les finances publiques. « Arrêtons l’austérité alors!« . Pourquoi pas, on va attendre d’en savoir plus, je vous signale que la nouvelle affirmation vient du FMI!. La prudence est donc de mise. Non, on ne peut pas porter plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui« .

Enfin, je n’en sais rien.

(…).

Tiens, l’Afrique (de l’Est) adopte la monnaie unique…

Un titre racoleur pour une info qui l’est beaucoup moins. Pendant que l’Europe (certains pays) boude(nt) la monnaie unique, la cause de tous nos maux quand cela nous arrange, d’autres zones économiques l’adoptent, du moins, essayent de construire une « union monétaire« , préalable à l’édification d’un « Marché unique » sur le modèle de l’Union européenne…

Le projet d’union monétaire des ces cinq pays de l’Afrique de l’Est (Burundi, Kenya, Ouganda, Tanzanie et Rwanda), qui comptent 135 millions d’habitants (UE, 505 millions d’habitants), vise en outre à attirer les investissements étrangers (les asiatiques rôdent). Bonne ou mauvaise idée? Remarque: la France seule (65,7 millions) pèse moins (population) que cette union en devenir. S’inquiéter (ou pas)?

D’autres zones monétaires existent en Afrique: 1. Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) [Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo], 2. La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) [Cameroun, Centrafrique, Congo brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad]. On peut ajouter la zone monétaire ouest-africaine [Gambie, Ghana, Guinée, Sierra Léone, Nigeria], un pendant à l’Union monétaire Ouest africaine (1.)…

Avec cette nouvelle zone monétaire, on peut rêver d’une grande union monétaire africaine qui passera (une obligation) par la gestion préalable des conflits qui secouent le continent, comme actuellement en Centrafrique. C’est dans cette optique que se déroulera à Paris, le 06 et le 07 décembre à l’Élysée, un sommet France-Afrique sur le thème «la paix et la sécurité en Afrique». A suivre.

Conclusion de Marion Scappaticci, dans les commentaires, « L’union monétaire peut être un préalable à la paix… ». J’approuve.

LIRE. France: Le client africain et la diplomatie économique

En savoir+

Tiens, l’Allemagne adopte le Smic, comme nous…

Bonne nouvelle, l’Allemagne d’Angela Merkel «augmente le coût du travail». Vous avez bien lu, le «Modèle français» s’exporte outre-Rhin! Depuis ce jeudi 21 novembre, les Allemands vont enfin bénéficier du Smic. Fini les négociations des salaires branche par branche, secteur par secteur entre les partenaires sociaux, exit les salaires de moins de 5 euros/l’heure. L’Allemagne s’aligne sur le modèle social français. Paul Krugman avait raison.

Smic Allemand
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Les Allemantistes (mot nouveau, je viens de l’inventer) de l’UMP & Cie vont s’étrangler, c’est certain. C’est encore un « sale coup » de la Gauche allemande (SPD). C’était le seul moyen pour parvenir à un accord de gouvernement. Le chiffre de 8,50 euros de heure a été évoqué, presque comme nous (9,43€)!…

> Conséquences? 1. Hausse des salaires allemands, (donc du coût du travail, c’est important de le noter) 2. Baisse de la compétitivité allemande et mécaniquement amélioration de la nôtre. Ça s’arrose! Explications: Les marchandises allemandes vont perdre de leur attractivité par rapport aux produits « MadeInFrance, on l’espère. En effet, si le coût du travail augmente en Allemagne, le prix de vente de leurs produits aussi. Logique.!

> En conclusion: Une nouvelle architecture de la compétitivité va se dessiner en Europe. La création de ce Smic Allemand devrait donc rééquilibrer les forces entre partanaires de la zone euro. Il est vrai que la puissance de l’industrie allemande ne s’explique pas uniquement sur les bas-salaires mais, l’adoption du Smic est une donnée non négligeable qui vient tordre le coup à l’argument-élément-de- langage de la droite française (+ les allemantistes de BFMTV): «il faut baisser le coût du travail», «Regardez ce que font nos voisins les allemands». Et ben, le voisin Allemand désormais, il fait comme nous! Il s’inspire du «Modèle français»!

La convergence de la compétitivité, c’est Maintenant

Un complot contre la France? l’économiste P. Krugman récidive…

P Krugman NYTimesL’économiste américain, Paul Krugman, Prix Nobel d’Économie, consacre un troisième billet sur la dégradation idéologique de la France par Standards & Poors.

3 désintox économiques sur la France en 3 jours! c’est rare, une première qui mérite qu’on s’y attarde encore une fois. Dans son dernier opus, il enfonce le clou et parle « Complot contre la France« . La RTBF a eu la bonne idée de traduire le texte en français, je vous le livre in extenso. Je cède donc ma place à Paul Krugman, mon éditorialiste d’un jour sur Extimités (politiques).

The Plot Against France (Le complot contre la France)

Krugman_New-articleInline-v2[Paul Krugman]. Vendredi, la note de la France a été abaissée par Standard & Poor’s, l’agence de notation. Cette décision a fait les gros titres, avec beaucoup de rapports suggérant que la France est en crise. Mais les marchés ont à peine cillé: les coûts d’emprunts de la France, proches de leur niveau le plus bas, ont à peine bougé.

Que se passe-t-il donc? La réponse, c’est qu’il faut considérer la décision de S&P’s dans un contexte d’une politique plus générale d’austérité fiscale. Et je parle bien de politique, pas d’économie. Car le complot contre la France – je suis un peu taquin mais il y a vraiment beaucoup de monde qui tente de discréditer ce pays – est la preuve éclatante qu’en Europe, tout comme en Amérique, les houspilleurs de la fiscalité ne se soucient pas vraiment des déficits. Ils utilisent plutôt les craintes liées à la dette pour mettre en place un agenda idéologique. Et la France, qui refuse d’entrer dans ce jeu, est devenue la cible d’une propagande négative incessante.

Laissez-moi vous donner une idée de ce dont il s‘agit. Il y a un an, le magazine The Economist déclarait que la France était « la bombe à retardement au cœur de l’Europe« , avec des problèmes qui pourraient faire passer ceux de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie comme minimes. En janvier 2013, les spécialistes de la finance sur CNN ont déclaré que la France était en « chute libre« , que le pays « se dirigeait tout droit vers une prise de la Bastille économique« . L’on retrouve ces avis dans bon nombre d’éditoriaux économiques.

Au vu de cette rhétorique, l’on s’attend à voir le pire lorsqu’il s’agit des chiffres français. Ce que l’on trouve, plutôt, c’est un pays en difficulté économique – qui ne l’est pas?  – mais qui va plutôt aussi bien ou même mieux que la plupart de ses voisins, à l’exception notable de l’Allemagne. La récente croissance française est très lente, mais bien meilleure que celle, disons, des Pays-Bas, qui a toujours son triple A. Selon les estimations standard, les travailleurs français étaient en fait un peu plus productifs que leurs homologues allemands il y a une douzaine d’années, et devinez-quoi : c’est toujours le cas.

Pendant ce temps, les projets fiscaux de la France semblent vraiment peu alarmants. Le déficit budgétaire a fortement baissé depuis 2010 et le Fonds Monétaire International s’attend à ce que la dette par rapport au PIB reste plus ou moins stable dans les cinq ans à venir.

Qu’en est-il du fardeau à plus long terme que représente le vieillissement de la population? C’est un problème en France, comme dans toutes les nations aisées. Mais la France a un taux de natalité plus élevé que la plupart des pays européens – en partie grâce à des programmes gouvernementaux qui encouragent les naissances et qui simplifient la vie des mères qui travaillent – de sorte que ses projections démographiques sont bien meilleures que celles de ses voisins, y compris l’Allemagne. Pendant ce temps, le système de santé remarquable de la France, qui propose de la grande qualité à faible coût, va être un gros avantage fiscal pour l’avenir.

A la lecture des chiffres, il est donc difficile de voir pourquoi la France mérite un tel opprobre. Encore une fois, que se passe-t-il ?

Voici un indice: il y a deux mois, le commissaire européen des Affaires monétaires et économiques, Olli Rehn – et l’un des principaux acteurs des politiques fortes d’austérité – a balayé d’un revers de main la politique fiscale apparemment exemplaire de la France. Pourquoi? Parce qu’elle était basée sur une augmentation des impôts plutôt que sur des coupes dans les dépenses – et des hausses d’impôts, déclarait-il, allaient « détruire la croissance et handicaper la création d’emplois« . En d’autres termes, peu importe ce que j’ai dit à propos de la discipline fiscale, vous êtes censés démanteler le filet de sécurité sociale.

L’explication donnée par S&P’s pour avoir baissé la note, bien que moins clairement énoncée, revient à la même chose : la note de la France a été baissée parce que « l’approche actuelle du gouvernement français face aux réformes budgétaires et structurelles vers la taxation, ainsi que vers les marchés de production, de service et du travail, est peu susceptible d’augmenter de façon substantielle les perspectives de croissance à moyen terme« . Une nouvelle fois, peu importent les chiffres du budget, où sont donc les baisses d’impôts et la déréglementation ?

L’on pourrait penser que Rehn et S&P’s basent leurs exigences sur des preuves solides selon lesquelles les coupes dans les dépenses sont en fait bien meilleures pour l’économie qu’une augmentation des impôts. Mais ce n’est pas le cas. En fait, des recherches au FMI démontrent que lorsque l’on tente de réduire les déficits en pleine récession, le contraire est vrai: les hausses d’impôts temporaires font bien moins de mal que les coupes dans les dépenses.

Ah, et lorsque les gens se mettent à parler des merveilles d’une « réforme structurelle« , il nous faut  prendre tout cela avec de gigantesques pincettes. C’est surtout un nom de code pour parler déréglementation – et les preuves sur les vertus de la déréglementation sont décidément mitigées. Souvenons-nous de l’Irlande qui reçut des compliments pour ses réformes structurelles dans les années 1990 et les années 2000 ; en 2006 George Osborne, aujourd’hui ministre des Finances britanniques, la qualifiait « d’exemple brillant« . Comment cela a-t-il tourné ?

Si tout ceci semble familier aux lecteurs américains, c’est normal. Les houspilleurs de la fiscalité américaine se sont tous avérés, presque sans exception, être plus intéressés par le fait de sabrer dans Medicare et la Sécurité sociale que par le fait de s’attaquer aux déficits. Les « austériens » européens se révèlent être du même acabit. La France a commis ce pêché impardonnable d’être fiscalement responsable sans infliger de douleur supplémentaire aux gens pauvres et peu chanceux. Et cela doit être puni].

Paul Krugman, 10 Nov. (traduction)

Lire aussi:

1. Une dégradation purement «idéologique» de la France (08 nov.)…
2. «Non-Crisis France», Paul Krugman persiste et signe (09 Nov.)
3. The Plot Against France (10 nov.)…

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Le curieux silence de la presse économique (et politique) française sur ce tripleA (AAA) du Nobel d’économie laisse penser qu’il y a un « complot« . S’il avait écrit à charge contre la France et l’actuel gouvernement, l’horloge parlante allait sonner à plein tube, enfin je suppose. A moins que le Ministère de l’économie, ou un organisme privé l’invite en France….